Aujourd’hui, nous vous proposons de nous accompagner en coulisses découvrir comment nous avons mêlé sciences et pop culture à travers une animation quiz proposée au Toulouse Game Show.

Quiz Science ou Fiction : pourquoi la science doit-elle affronter la fiction ?

De Star Wars à Ben 10, l’enjeu de l’engagement

Nous avons souvent constaté que les sujets scientifiques, lorsqu’ils sont abordés de manière frontale, peinent à créer l’adhésion. C’est pourquoi nous avons décidé de détourner les œuvres qui déchaînent les passions.

Que se passe-t-il lorsque nous prenons au sérieux le Kimmunicator de Kim Possible ou l’Omnitrix de Ben 10 ? Nous transformons le public en chercheurs, car l’enjeu n’est plus « Quelle est la réponse ? » mais « Pourquoi est-ce faux (ou vrai) ? ». Nous avons même osé nous attaquer à L’Âge de Glace 2 ! L’objectif n’était pas de parler du film. Il s’agissait plutôt d’utiliser la fonte des glaces comme un pont direct vers le risque climatique qui menace aujourd’hui nos côtes : l’élévation du niveau des mers. L’effet de surprise est garanti, et la leçon, bien assimilée.

Le challenge de la précision scientifique face au divertissement

Notre travail commence loin des plateaux de jeu, dans les méandres de la physique théorique et autres sciences…

Notre premier défi a été de vérifier, pour chaque gadget ou super-pouvoir, quel principe scientifique réel était invoqué, même partiellement. Par exemple, aborder le téléporteur de Star Trek nous a obligés à faire la distinction très fine entre la téléportation de l’information (science) et la dématérialisation de la masse (fiction). Un autre exemple frappant fut celui des gadgets et plus particulièrement les lunettes de vision nocturne de Sam Fisher (Splinter Cell). La question n’était pas de savoir si elles existent, mais plutôt de savoir si elles reproduisent un principe réel. La réponse nous mène directement au principe de l’intensification de lumière résiduelle.

C’est dans ces petits détails, comme décortiquer la chimie derrière la création des Supers Nanas ou la physique derrière l’hoverboard de Retour vers le futur, que notre crédibilité se forge. Ce que nous faisons déjà régulièrement dans le cadre du projet Instants Cult’.

Médiatrice en train d'animer le quiz Science ou fiction

Le choix des bons outils dans le processus de conception du quiz Science ou Fiction

Sélectionner l’outil d’animation : l’impératif de l’interactivité

Pour animer le quiz Science ou Fiction devant des passionnés, nous ne pouvions pas nous contenter d’un diaporama statique. L’outil sélectionné, en l’occurrence Kahoot!, s’est imposé comme la meilleure solution pour orchestrer l’interactivité et la compétitivité.

Cependant, l’intégration de la science dans un format ludique pose des défis techniques inattendus. Le rythme, la durée des questions et l’affichage des médias sont devenus des variables à maîtriser pour maintenir l’énergie du public.

Ainsi, nous avons stratégiquement alterné les formats : des QCM simples et rapides pour maintenir l’engagement et la vitesse, ou encore des questions « Vrai/Faux » plus complexes nécessitant une réflexion critique sur les principes scientifiques en jeu. Cette variation permet de maintenir une tension ludique, tout en laissant le temps à l’explication scientifique.

La construction des questions : éviter le piège de l’ambiguïté

Notre expertise s’est aussi manifestée dans la phase de rédaction.  Toute la subtilité de cette étape a résidé dans le fait de savoir transformer une notion complexe en une question qui soit à la fois juste scientifiquement, captivante et sans indices cachés qui donneraient la réponse trop facilement.

En effet, nous avons rapidement compris qu’une question mal formulée dessert le savoir. Nous avons notamment rencontré un challenge majeur lors de la création du QCM sur les œuvres utilisant un hologramme interactif ou une IA projetée. Le défi n’était pas seulement de trouver les bonnes franchises (comme Star Wars ou Iron Man). Il fallait aussi créer des listes de réponses crédibles, mais fausses. Nous devions nous assurer qu’une option fausse ne soit pas immédiatement écartée par simple déduction. Par exemple, si nous incluons des œuvres comme The Boys ou Dune dans une liste de réponses sur l’intelligence artificielle, le public devine l’erreur par intuition thématique plutôt que par réflexion scientifique.

Ce souci du détail, qui vise à uniformiser la taille et la plausibilité des réponses pour éviter que le public ne devine la bonne option, est une astuce que nous appliquons systématiquement.

De même, nous avons veillé à ce que les questions du quiz Science ou fiction se terminent toutes par une structure identique. Ici, il s’agissait de terminer par « est de la… », par exemple, « L’hoverboard de Marty McFly est de la… ». Cela permet d’ancrer le format dans l’esprit du joueur et de fluidifier sa prise de décision. L’élimination des ambiguïtés est un travail de fourmi, mais elle garantit la clarté du message scientifique.

Médiatrice en train d'animer le quiz Science ou fiction

Nous espérons que ce retour d’expérience vous sera utile si vous avez envie d’intégrer davantage de références culturelles dans vos propres projets. Notre objectif est de partager nos méthodes pour que tous ceux qui le souhaitent puissent s’en emparer, et même les améliorer. D’ailleurs, avez-vous déjà organisé un projet similaire ? Oui, on l’avoue… on est curieux aussi chez Instant Science !