IA… deux voyelles qui font de plus en plus écho dans notre vie quotidienne. Mais comment sensibiliser les jeunes à ce sujet qui fait bien souvent débat ? Suivez-nous ! On vous embarque dans les coulisses de la conception d’animations sur l’intelligence artificielle.

Un remue-méninges qui n’avait rien d’artificiel !

2023 fut l’année de l’IA. En effet, c’est l’année où le grand public a découvert l’intelligence artificielle via ChatGPT. Aujourd’hui, nous entendons de plus en plus parler de cette nouvelle technologie. Le Quai des Savoirs a décidé de créer une exposition qui est ouverte à la visite depuis janvier 2024. Mais aussi, en parallèle, de mettre en place une animation pour le Plateau créatif, un espace-atelier dédié à la culture maker et numérique à destination des 7-15 ans.

Un workshop a été organisé avec des médiatrices et médiateurs du Quai des Savoirs, de Planète Sciences Occitanie, d’Instant Science et de professeures et professeurs de collège et lycée. Le but : créer un atelier à destination des scolaires sur une IA génératrice complémentaire de l’exposition “IA : Double Je”, qui était encore en cours de création à ce moment-là… Mais qu’à cela ne tienne ! À la fin de ce workshop, deux brouillons de scénarios ont vu le jour, incluant l’utilisation de différents outils numériques existants sur internet.

Nous avons ensuite retravaillé ces scénarios avec Planète Sciences Occitanie. Ils étaient beaucoup trop longs, compliqué alors d’en faire une animation de deux heures… Nous avions envie de tout dire ! Parler des différents apprentissages, des biais, d’histoire, de juridique et de droit, de la boîte noire, de deep learning, des IA génératives (d’images, de textes, de sons), du futur, d’éducation aux médias… Il a donc fallu faire des choix !

élèves lors d'une animation sur l'intelligence artificielle

Créer et expérimenter l’IA

Nous avons tout d’abord décidé de commencer par un quiz qui permettra de donner les bases sur “Qu’est-ce qu’une IA ?”. En effet, une IA c’est un algorithme, une suite d’instructions pour résoudre un problème. Beaucoup de films et séries les humanisent. Ce qui floute notre perception de cette technologie. C’est un point crucial que d’expliquer ce qu’est une IA.

Place à la deuxième étape. Le groupe d’élèves va devoir entraîner une IA de classification qui utilise l’apprentissage supervisé grâce au site internet Vittascience. Ils devront choisir des photos de chat et des photos de chien en les étiquetant comme telles. Puis, avec des images tests, ils regarderont si cette IA classe au bon endroit les images. Le but est de faire ressortir les biais d’une IA de classification et de mettre en lumière le choix très important des jeux de données (ici les photos de chat et de chien), utilisés par les développeurs. Par exemple, une IA a été entraînée pour reconnaître des loups et des huskys, mais les chercheuses et chercheurs se sont rendu compte que cette IA faisait la différence grâce… au fond de la photo ! Elle remarque que la plupart des photos de loup sont prises dehors et souvent dans la neige, contrairement à celles des chiens. La machine associe donc extérieur et neige au loup. Quand on lui présente l’image d’un husky dans la neige, elle identifie la variable neige en arrière-plan et l’associe au loup… sans reconnaître qu’il s’agit d’un chien.

Le Quai des Savoirs avait pour ambition de faire expérimenter aux jeunes une ou des IA génératives. Comment ? La médiatrice ou le médiateur écrit une requête sur une IA générative de texte pour rédiger une courte histoire. À la suite, les élèves devront illustrer cette histoire grâce à une IA générative d’images. Pour cela, ils devront écrire un prompt (instruction destinée à une intelligence artificielle générative) le plus précis possible. Un temps est pris pour observer leurs œuvres et faire une parenthèse EMI (éducation aux médias et à l’information).

Ce temps est aussi dédié à présenter des techniques pour repérer une image générée par une IA sur les réseaux sociaux, comme par exemple :

  • Utiliser un logiciel de reconnaissance d’image pour repérer les fakes ;
  • Retrouver la source ;
  • Faire une comparaison avec d’autres images.

Il est aussi important de regarder en détail l’image : l’arrière-plan, les reflets, les couvre-chefs, les objets, l’architecture… et de lire les textes qui peuvent apparaître.

L’animation se termine sur un petit jeu “IA ou pas IA”. Le but ? Montrer deux images d’une scène, d’une célébrité, d’une œuvre, etc. et trouver quelle image a été créée grâce à une IA.

Par exemple, avec une image de la guerre en Ukraine générée par une IA et une photo prise par un reporter. Ce sont des images fortes qui permettent de faire de la prévention en EMI.

Après une phase de test, ces animations sont désormais fin prêtes à révéler à nos jeunes esprits les multiples facettes de l’intelligence artificielle !

animation sur l'intelligence artificielle