Souvent boudé pour la météo, le ciel d’automne est en réalité plein de surprises bien visibles à l’œil nu, ou avec une paire de jumelles. Entre Voie lactée et planètes, de beaux spectacles attendent amateurs et initiés. Alors, ouvrez grand les yeux et laissez-vous guider par nos médiateurs en astronomie…

La Voie lactée et ses joyaux étoilés…

Un avantage indéniable avec le ciel d’automne, c’est que l’on peut observer assez tôt (et ceci, en raison du changement d’heure).

La première chose à faire est de porter son regard vers l’ouest. C’est, en effet, dans cette direction que se trouvent les étoiles qui vont se coucher le plus rapidement, et qu’il faut donc observer en priorité.

La Voie lactée est encore bien visible en première partie de soirée. Elle prend sa source dans la constellation du Sagittaire, au sud-ouest, facilement reconnaissable à sa forme de théière. Elle traverse ensuite l’Aigle et le Cygne, puis va rejoindre Cassiopée et Persée au nord-est.

Tout comme en été, la partie la plus brillante est au sud. Les principales nébuleuses, comme M16 et M17, y sont toujours visibles, et à chercher aux jumelles. Les conseils d’observation du ciel d’été s’appliquent encore ici.

Côté nord, trois joyaux sont à chercher, d’abord à l’œil nu, puis avec un instrument. Étant relativement étendus (ce qui facilite leur repérage), le meilleur instrument pour les observer reste une paire de jumelles, ou bien une petite lunette, avec un grossissement d’une vingtaine ou trentaine de fois.

Le plus célèbre de ces trois astres est la Galaxie d’Andromède. C’est grâce aux observations réalisées il y a cent ans que nous avons pu en conclure l’existence des galaxies.
Distante de 2,5 millions d’années-lumière, et contenant entre 500 et 1000 milliards d’étoiles, la Galaxie d’Andromède se présente comme une petite tache floue, sous le deuxième V du W de Cassiopée. Avec un instrument, sa forme allongée se dévoile nettement, et l’on découvre ses deux comparses, M32 et M110, plus petites galaxies orbitant autour, à l’instar des Nuages de Magellan.

Songez que lorsque vous observerez M31 (c’est son nom), la lumière qui rentrera dans vos yeux sera partie de là-bas à une époque où les humains n’existaient pas encore sur Terre…

Prise de vue de la galaxie d'Andromède

La galaxie d'Andromède

© Valentin Urvois

Nos deux autres vedettes sont aussi des amas d’étoiles, bien plus modestes en nombre (et bien plus près), mais tout aussi intéressants.

Le premier est le Double amas de Persée, présent entre les constellations de Cassiopée et de Persée. Il se présente à l’œil nu comme une tache blanche assez brillante. Un instrument d’observation révèle qu’il s’agit en réalité de deux amas d’étoiles proche l’un de l’autre, d’où son nom.

Posé sur l’horizon est, vous apercevrez probablement un petit groupe d’étoiles formant une petite casserole. Rien à voir avec la constellation, il s’agit également d’un amas d’étoiles, semblable au Double amas de Persée. Ce sont en réalité tous deux des amas ouverts, c’est-à-dire des regroupements de quelques centaines ou milliers d’étoiles « relativement » jeunes (un ou deux millions d’années tout de même).

Info + pour les fans de sport mécanique ! Les Pléiades sont les étoiles utilisées dans le logo de la marque Subaru.

Si vous les fixer, vous pourrez y compter six ou sept étoiles (d’où leur autre appellation des sept sœurs). Mais, si vous les regardez du coin de l’œil, vous verrez l’amas bien plus brillant. Votre œil percevra en réalité la lueur de toutes les petites étoiles que l’on ne parvient pas à voir en vision directe.

Prise de vue de l'amas des Pléiades

L'amas des Pléiades

© Valentin Urvois

Un trio de planètes bien visibles

Équinoxe d'automne sur Saturne

Cet automne, ce sont trois planètes qui vous donnent rendez-vous.

La première est Saturne, idéalement située dans le ciel, puisqu’elle culmine au sud dans une région du ciel qui ne comporte pas beaucoup d’étoiles brillantes. On rappelle que l’on peut distinguer une planète d’une étoile par le scintillement. Les étoiles scintillent tandis que les planètes non, comme expliqué dans cette courte vidéo.

Début novembre, Saturne passe au plus haut dans le ciel autour de 22h00, puis, de plus en plus tôt, si bien que début décembre ce sera vers 20h00.

Elle s’avère facile à repérer grâce à sa coloration légèrement jaunâtre, cependant, pour percevoir des détails, il vous faudra obligatoirement un télescope.

2025 est une année particulière, c’est l’équinoxe de Saturne. Cela a pour conséquence que l’on observe la planète et ses anneaux par la tranche. Ceux-ci mesurant seulement une dizaine de mètres d’épaisseur en moyenne, ils apparaissent alors comme un trait coupant le globe beige de Saturne en deux.

Ce phénomène se produit une fois tous les quinze ans environ. Au fur et à mesure que les mois et les années vont passer, les anneaux vont s’ouvrir à nouveau, et devenir de plus en plus ronds, jusqu’au prochain solstice saturnien.

La deuxième planète est à chercher en direction de l’est. Il s’agit de Jupiter, la plus grande planète du Système solaire. Elle se lève vers 22h30 début novembre, puis vers 20h30 début décembre.

Impossible de la rater à l’œil nu tellement son éclat est important !

Une paire de jumelles permettra de distinguer ses quatre principales lunes, comme des petits points autour d’un point plus brillant (la planète), tandis qu’un télescope sera nécessaire pour révéler ses bandes nuageuses.

Nous rentrons dans l’hiver petit à petit… la période de l’année où les nuits se rallongent, les soirées sont fraiches, voire froides… Mais savez-vous que d’un point de vue astronomique c’est un très bon moment ? En effet, le froid atténue la turbulence atmosphérique et l’observation dans un instrument s’en trouve donc améliorée. D’autant que l’hiver, la nuit, l’écliptique est au plus haut.

Mais l’écliptique qu’est-ce donc ? C’est le plan du Système solaire, c’est à dire le plan orbital de la Terre. Oui et alors nous direz-vous ? Et bien, du point de vue d’un terrien, ce plan se projette comme une ligne imaginaire sur laquelle semble se « promener » les planètes, la Lune et le Soleil. C’est ainsi que l’hiver, la nuit, l’écliptique est au plus haut, et donc plus visible, en raison de l’inclinaison de la Terre par rapport à ce plan.

Enfin, la dernière planète de notre trio est Vénus. Il vous faudra être très matinal car c’est en fin de nuit qu’elle apparait, brillante de milles feux. Elle se lève encore une heure avant le lever du soleil mais va vite être de plus en plus difficile à voir car elle va bientôt passer derrière celui-ci. Vous aurez jusqu’à mi-décembre environ pour l’observer. Ensuite, elle sera trop près du soleil dans le ciel pour la distinguer dans la lueur de l’aube. Mais, bonne nouvelle pour les lève-tard, elle reviendra ensuite au mois de mars pour être observable le soir.

Et pour finir l’année en beauté… une pluie d’étoiles filantes

La pluie d’étoiles filantes des Géminides atteindra son maximum d’activité la nuit du 13 au 14 décembre 2025, aux alentours de minuit. Les conditions seront très bonnes cette année, puisque la Lune se lèvera tard, ne gênant ainsi pas l’observation. Une centaine de météores pourraient ainsi être visibles chaque heure.

Elles semblent provenir de la constellation des Gémeaux, facilement identifiable avec ses deux étoiles principales, Castor et Pollux.

Il faudra s’orienter vers l’est pour l’apercevoir, haute dans le ciel, avec Jupiter à ses côtés.

Vue Stellarium des Géminides

Vue Stellarium du ciel vers 23h le 13 décembre 2025