Début juillet, alors que le congrès Esof bat son plein, nous accueillons près de 30 acteurs et actrices de la culture scientifique et technique à l’Hôtel de Région pour un atelier sur le thème de l’égalité Homme/Femme en médiation scientifique. Pour l’animer, Marie-Agnès Bernardis, chargée de mission chez Universcience, venue présenter ses actions et le programme Hypatia.

C’est dans le cadre de notre mission pour le pôle « Science(s) en Occitanie » que nous avons monté cet atelier afin de faire connaitre le programme européen Hypatia qui vise à encourager l’égalité fille/garçons dans les métiers scientifiques et techniques. Autour de la table, une vingtaine de femmes – et malheureusement un seul homme – scientifiques, chargées de communication dans des laboratoires, muséographes, médiateurs et médiatrices, enseignantes… toutes et tous déjà bien sensibilisées à la question qui nous réunit.

Marie-Agnès Bernardis commence par se présenter : après des études de philosophie, elle est recrutée au sein de la Cité des sciences et devient plus tard responsable des débats science-société. Très concernée par les questions de genre, elle participe à une étude des expositions du lieu pour évaluer la place des femmes dans celles-ci. Elle nous partage alors les maladresses soulevées : des visuels trop genrés, l’utilisation du terme « Hommes » dans les titres des espaces, la quasi-absence de femmes scientifiques dans les comités scientifiques, le peu de femmes présentes dans les vidéos intégrées aux expositions, des pictos symbolisant les femmes essentiellement en mères de famille… Des détails pour certains, mais qui peuvent vite alimenter les stéréotypes.

Un quizz pour faire réagir les jeunes

Elle poursuit par un petit quizz conçu avec l’École de la médiation, qu’elle réalise régulièrement auprès de lycéens pour les faire réagir sur l’égalité filles/garçons.

Des références pour favoriser l’égalité hommes/femmes

Durant toute la matinée, Marie-Agnès nous partage de nombreuses références permettant d’appuyer nos actions, complétées par les participantes présentes :

Quelques idées pour faire bouger les choses sont également partagées :

  • Le CNRS demande la parité au sein des colloques et refuse dans le cas contraire de les financer.
  • Autre action du CNRS Midi-Pyrénées : l’organisation d’une balade dans la ville de Toulouse passant par les rues portant des noms de femmes scientifiques. Sauf que… aucune rue n’a été trouvée ! L’équipe a alors envoyé un courrier au maire invitant à y remédier et citant de nombreuses femmes scientifiques.
  • Marie-Agnès analyse parfois le pourcentage de femmes interviewées dans des émissions radio scientifiques et envoie les résultats aux journalistes pour les faire réagir.
  • À l’Université Paris 7, tous les étudiants de 1re année ont 3h obligatoires sur l’égalité femmes/hommes.

Par ailleurs nous évoquons les difficultés rencontrées par les filles :

  • Plusieurs enseignantes évoquent le comportement des garçons qui s’imposent généralement plus que les filles, mobilisent la parole, et sont souvent méprisants avec les filles qui répondent.
  • Les femmes se sentent beaucoup moins légitimes que les hommes pour faire valoir leur expertise.
  • La fréquence de voix plus aiguë des femmes génère moins d’écoute et d’attention.
  • On observe dès la crèche que les filles se mettent beaucoup plus à l’extérieur d’un cercle d’enfants.

Des critères d’inclusivité

Marie-Agnès nous présente ensuite des critères permettant d’évaluer l’inclusivité (pour les filles comme les garçons) :

  • Interroger la représentation des sciences et des technologies dans la sphère publique : les stéréotypes de sexe véhiculés, l’image du scientifique…,
  • Utiliser un langage épicène, le masculin et le féminin ;
  • Proposer plusieurs manières de s’impliquer, équilibrer les activités qui mettent en concurrence et celles qui reposent sur la coopération, et proposer des formes variées d’échanges : en petits groupes, en plénière, par 2 ;
  • Distribuer des rôles aux statuts équivalents (prendre des notes, construire un robot, le programmer…) et les faire exercer alternativement ;
  • Poser aux filles comme aux garçons des questions d’un niveau cognitif élevé ; avoir la même exigence ;

Des outils et animations clés en main

Nous terminons par la présentation d’animations conçues dans le cadre du programme Hypatia.

Tout d’abord un atelier d’analyse d’images pour déceler les stéréotypes de sexe. Par petits groupes, nous scrutons plusieurs visuels de publicités. Nous commençons par les plus « stéréotypées » pour aller ensuite vers des images aux détails plus insidieux. Les remarques fusent : « Ici l’homme travaille tandis que la femme bouquine à la maison », « On associe le rose aux filles », « On met plus en avant le physique des femmes que celui des hommes »…

Certaines images nous laissent pantois…


 

Nous découvrons ensuite un jeu de cartes sur les femmes scientifiques. Le but du jeu : replacer les cartes dans l’ordre chronologique. L’occasion de faire découvrir aux jeunes des portraits de femmes en science.

Enfin, nous terminons sur la présentation d’un petit jeu pour tester nos associations implicites. Il s’agit d’associer différents termes tels que « Sciences », « Technologies », « Littérature »… au mot « Homme » ou au mot « Femme ». Ce test permet de prendre conscience des domaines que l’on associe trop facilement à la sphère masculine ou à celle féminine et d’ouvrir ainsi la discussion.

Découvrez d’autres outils sur le site Hypatia.

La journée se conclut alors sur une envie commune : monter un groupe de travail afin de prolonger les échanges. À suivre…